Les fans d’Anderlecht perdent confiance en Marc Coucke

Le club de foot le plus prestigieux du pays vit sa pire saison depuis 55 ans. Marc Coucke en est-il le seul responsable?

«Coucke buiten! Coucke buiten! Coucke buiten!» Les travées du stade Constant Vanden Stock en tremblent encore. Dimanche, à l’issue de la défaite face à l’Antwerp, la 3e en autant de matchs de play-offs, les fans du RSC Anderlecht, ulcérés par l’accumulation de contre-performances des mauve et blanc, ont manifesté leur colère de manière virulente envers le président Marc Coucke. Ce dernier n’a pas entendu ses oreilles siffler. Il était, paraît-il, en vacances.

D’habitude, pareille bronca est réservée au coach. Ici ce sont les joueurs, hués comme ils ne l’ont jamais été et, surtout, le président-propriétaire, qui en ont pris pour leur grade. Pour la première fois depuis 55 ans, le Sporting risque en effet de ne pas jouer en coupe d’Europe la saison prochaine. Un cataclysme. Seul le prestigieux FC Barcelone a fait mieux. Certes, l’ancien président Roger Vanden Stock avait coutume de dire qu’»à Anderlecht tout ne va pas toujours aussi bien ou aussi mal qu’on ne le dit», jamais on n’avait vu le club en aussi mauvais état.

de présence ininterrompue d’Anderlecht en coupe d’Europe
Seul en Europe, le prestigieux FC Barcelone fait mieux

La faute à qui ?

L’homme d’affaires est-il le seul responsable? Les avis sont partagés. L’équipe est faible, il y a un manque de talent, à quelques exceptions près, comme le jeune Yari Verschaeren qui tient l’équipe à bout de bras. «Ce n’est pas normal de devoir se reposer sur ce gamin de 17 ans, analyse un fin connaisseur de la maison mauve; il y a un manque d’envie, de leadership, il n’y a personne capable de secouer ses équipiers quand les choses tournent mal et cela ce n’est pas la faute de Marc Coucke car il n’est ni coach, ni joueur.»

On reproche par contre beaucoup à Marc Coucke et à son ex-directeur sportif Luc Devroe d’avoir foiré sa campagne estivale de transferts en misant davantage sur la quantité que sur la qualité. Ce dernier a payé l’addition en étant viré début 2019. C’est pourtant Marc Coucke qui a plaidé pour l’arrivée de Boubacar Sanneh, un défenseur inconnu acheté 8 millions et visiblement surcoté. «Ce n’est pas faux, mais en même temps cela fait trois saisons que les mercatos sont ratés, témoigne un proche de l’ancienne direction, Marc Coucke n’est donc pas le seul responsable de la situation sportive actuelle.»

«Coucke n’est là que depuis un an, ajoute un de nos interlocuteurs, il faut lui laisser le temps de rebâtir. Regardez ce qui s’est passé au Standard et à Bruges: il leur a fallu respectivement 25 et 11 ans pour redevenir champion.» Le problème, c’est qu’à Anderlecht pareille patience est impensable. Depuis la fin de la 2e guerre, le club a été champion de Belgique un an sur deux.

«Coucke n’est là depuis un an, il faut lui laisser le temps de rebâtir. Regardez ce qui s’est passé au Standard et à Bruges : il leur a fallu respectivement 25 et 11 ans pour redevenir champion de Belgique»

Un fin connaisseur d’Anderlecht

Augmentation de capital

Marc Coucke a peut-être pris le problème à l’envers, disent certains. Il s’est focalisé sur le commercial pour renflouer les caisses plutôt que sur le sportif. Mais c’est un peu l’histoire de l‘œuf et la poule: pour acheter de bons joueurs, il faut des sous. Sous son impulsion, le Sporting a ainsi doublé le nombre de partenaires commerciaux, aménagé des espaces VIP dans le stade, ouvert des restaurants, etc.

«On ne peut pas lui reprocher de ne pas mettre de l’argent dans le club», relève une de nos sources. La preuve par cette récente augmentation de capital de 30 millions à laquelle quasi tous les actionnaires ont souscrit, Marc Coucke faisant même grimper sa participation de 62 à 64%. Il a hérité d’une situation financière qui n’était pas florissante en raison de dépenses excessives. Il a alors mené une restructuration dont le coût a impacté le résultat de l’exercice 2017-2018.

Entrepreneur à succès, Marc Coucke s’y connaît-il en foot, s’interrogent alors ses détracteurs? Ni plus ni moins sans doute que les milliardaires et autres oligarques qui ont acquis de grands clubs européens. «Ne pas trop s’y connaître ne serait pas trop grave s’il savait s’entourer», note un de nos interlocuteurs. Il a pourtant récemment recruté des anciennes stars maison comme Frank Arnesen et Pär Zetterberg pour renforcer le staff sportif. «Certes, il fallait injecter du sang neuf, mais des gens qui connaissaient le club de fond en comble ont été licenciés alors que leur expérience aurait été utile pour assurer la transition, mais il a voulu tout chambouler. Or Anderlecht, ce n’est pas Ostende, on n’y danse pas sur les tables après les matchs», ajoute-t-il. Ostende, club de son cœur, que Marc Coucke a hissé jusqu’en Europa League voici deux ans. «À Ostende il n’y a pas de pression, poursuit notre interlocuteur. Le Sporting, c’est autre chose. C’est le club de la capitale, le plus prestigieux du pays, la pression du public y est énorme et celle de la presse, tant néerlandophone que francophone, impitoyable.»

Saisir la culture 

Le truculent Coucke n’a donc sans doute pas saisi la différence de niveau entre son ancien et son nouveau club. Pas seulement en termes sportif, mais aussi en termes d’image, de tradition. Il a voulu tout bousculer. Son côté bulldozer contraste avec celui, paternaliste et bon enfant, de Roger Vanden Stock. 

Ainsi, l’idée de débaptiser le stade Constant Vanden Stock – l’homme qui a fait du Sporting un des clubs les plus redoutés sur la scène européenne dans les années 70-80 – au nom d’un sponsor (la Loterie Nationale, NDLR) est vécue comme un crime de lèse-majesté par plus d’un fan, même si elle devrait rapporter un million par an. La colère gronde. De nombreux supporters songent à ne plus renouveler leur abonnement. Inquiétant, alors que l’assistance au Parc Astrid s’érode, saison après saison.

Источник: Lecho.be

Источник: Corruptioner.life

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